17 – Séguia personne ici ??

Les séguias, c’étaient la grosse attente de mon voyage… Six mois, six mois à rêver d’elles pour finalement : rien.
Enfin ça, c’est ce que je croyais avant de croiser Abed.

Une séguia c’est tout simplement un canal d’irrigation que l’on trouve principalement en Afrique du Nord.
On peut néanmoins en trouver en Sicile par exemple, sous forme de qanat, dans la belle ville de Palerme qui en a hérité lorsqu’elle était un émirat.

Mais à la différence des qanats qui sont souterrains, les séguias reflètent le ciel dans ses conduits ouverts. Si les premiers limitent l’évaporation de l’eau, c’est justement celle des secondes qui permettent l’émergence d’un climat humide dans des zones arides.

La plupart sont aux pieds des montagnes, mais j’en ai vu en bord de mer à Gabès, ou au confins du Sahara, à Tozeur.

En pierre, en béton ou simplement creusées à même le sol, les séguias sont un système d’irrigation par submersion, c’est-à-dire que l’eau recouvre des carrés de terre entourée de buttes retenant l’eau. Cela forme des qetra, de petits bassins d’eau qui permettent d’arroser trois étages de production : les aromates, les légumes et les arbres fruitiers qui prodiguent ombre et fraîcheur.

Les séguias sont-elles une solution pour conserver des micro-climats ? Ou plutôt un système ancien, voué à disparaître face à la crise hydrique tunisienne, voire mondiale ?

Pour comprendre cela, je vous emmène à Djebba, au Nord Est, visiter les jardins suspendus : un des SIPAM tunisien.

Système Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial :

La FAO a défini les SIPAM en 2002 comme des « systèmes d’utilisation des terres et des paysages remarquables, riches en diversité biologique et évoluant en coadaptation avec une communauté (humaine) à son environnement, ses besoins et ses aspirations au développement durable »

L’écosystème de Djebba est menacée par des paysans qui introduisent de nouvelles variétés de figues en monocultures, très productives donc très consommatrices d’eau. À cela s’ajoute les pluies plus timides ou encore l’exode des jeunes à Thibar, la grande ville locale…

Abed nous a fait visiter son modeste verger. Mais un verger riche de verdure, de miel et de fruits, sans engrais chimiques ni pesticides. Un joyau comme j’en ai peu vu.

Si les séguias venaient à disparaître ici, cela voudrait dire qu’il n’y aurai plus d’eau. Il n’y aurai plus de villageois, plus de bouhouli… ni d’oiseaux qui chantent dans le creux de l’oreille rocheuse qui surplombe le jardin.

Notre monde regorge de choses précieuses, et pour vouloir les sauver il est important de les voir.

Merci Eya d’avoir fait la traductrice toute l’après-midi pour moi. Sans elle et sa cousine Liliane, je n’aurai jamais pu me rendre ni être comprise là-bas. Aychek ya bnat !

Besslema,

Néphi

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Commentaires

2 réponses à « 17 – Séguia personne ici ?? »

  1. Avatar de Pkess
    Pkess

    J’ai vu ce genre d’irrigation aussi dans l’Atlas au Maroc. Y-a plus qu’à espérer que ces pratiques perdurent.

    1. Avatar de NÉPHÉLIBATOIRE

      Et qu’elle s’exporte 🤞

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