J’en ai eu des doutes pendant mon voyage… Quand on est seule sur la route, seule pour dessiner, seule pour écrire, seule pour publier, on se demande souvent pourquoi on se tue à faire tout ça.
Je profite alors de cette quasi fin de série pour en parler.
Je mène une vie depuis plus d’un an assez marginale : je n’ai pas de lieu de vie fixe, d’emploi fixe, désormais de langues fixes ni de relations sociales fixes…
Cette perte de repères peut donner parfois l’impression qu’on se perd, même si on suit le plan qu’on s’était tout tracé des mois auparavant.
J’ai fait ce voyage pour apprendre des autres, pour expérimenter mon métier ailleurs et partager ce que j’ai vu. En accord avec mes valeurs, j’avance. Mais quand je regarde autour de moi, les décisions politiques et les trains de vie de chacun, parfois, un grand sentiment de solitude me traverse.
« Si un homme ne marche pas au pas de ses compagnons, c’est peut-être qu’il entend un autre tambour. »
- Henry Thoreau (1817-1862), philosophe naturaliste américain
Si j’ai pu rencontrer sur ma route des camarades marchant au rythme du même tambour, je sais que notre danse reste minoritaire.
À l’échelle locale, comme mondiale, ce que j’espère pour le futur me semble inatteignable. Hier, comme demain, je le vois ainsi. Mais chaque jour qui compose aujourd’hui me pousse à continuer, car ce qui me plombe le moral est aussi ce qui le regonfle.
Alors avec Krys, l’Irlandais de la Ferme de Merde qui est devenu mon ami, on est allé au musée, pour tromper nos soucis.










Nous sommes à une période de lourd changements politiques, climatiques et économiques. Plus qu’une société, c’est une ère qui est chamboulée.
« L’espoir n’est pas la conviction que quelque chose finira bien, mais la certitude que quelque chose a du sens, quoi qu’il advienne. »
- Vaclav Havel (1936-2011), ancien président Tchécoslovaque
On pense ce qu’on veut de Vaclav, mais c’est précisément cette idée qui a nourri son engagement avant la Révolution de velours, qui a mis fin au régime communiste, puis durant sa présidence.
J’aime sa définition de l’espoir car elle n’est pas noyée d’optimisme. L’espoir que j’ai ne sert pas à me dire que demain je serais heureuse, mais à me dire qu’aujourd’hui je suis utile.
Merci de m’avoir lue.
Bisous,
Néphi


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