J’ai la maladie d’amour, le cœur en artichaut, les pieds au galop, la tête en bateau… Je m’attache aux lieux et aux gens que j’y rencontre dans 90% des cas. Mais qui s’attache s’arrache. Comment choisir alors où je poserais mon sac définitivement?
« Le cœur doit être prêt, dès que la vie l’appelle,
À faire ses adieux, à tout recommencer,
Afin qu’avec bravoure et sans rien regretter,
Il se donne à quelque autre accointance nouvelle :
Il est un sortilège en tout commencement,
Et qui nous aide à vivre en nous prémunissant.»
- Herman Hesse, extrait du poème Étape, 1941
J’essaye de m’inspirer de la philosophie du voyage d’Herman Hesse, avant chaque départ. Il encourage à se déplacer de lieu en lieu, sans s’attacher comme à une patrie, et à éviter l’habitude qui fige.
Pourtant, je ne la partage pas complètement. J’aime m’imprégner d’un pays, de sa langue, de ses aliments, de ses gens… Il n’y a rien de mieux qu’une belle routine, des après-midis à la rivière, des amis, une bière.
Car je ne vois pas un amour sans attache, et même si à chaque départ j’ai le sentiment qu’on m’arrache, je repars aussi avec un bout d’eux.














Je m’en vais donc pour l’Italie, rejoindre Rome et Barikama, une coopérative agricole créée par des Maliens pour fuir l’exploitation agricole du Sud italien, et être leurs propres patrons.
Ici, j’ai vu comment travailler le sol différemment. Là-bas, je vais voir comment travailler ensemble différemment, en tant que citoyens, en tant qu’humains.
Bisous.
Néphi,


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