14 – Cultiver nos racines

Et si faire la fête était un acte de résistance ? Un outil pour maintenir en vie une culture ? Prendre racine ? Moi qui voyait la fête comme une perte de temps, je me rends compte que c’est un rituel qui pourrait ramener du monde dans ma ferme…

J’ai eu la chance de passer un mois en Sicile, où j’ai découvert une île marquée par ses dominations, des Grecques au Normands en passant par les empires arabes.
Mais j’ai aussi rencontré une culture où le chant est très présent, dont les paroles évoquent les travaux laborieux des champs et la beauté, cruelle parfois, de la nature.

Alors que j’intégrais doucement l’importance de la culture, sous forme de musique, de spectacles, de poésie… dans mon projet agricole, j’ai aussi compris que tout cela faisait déjà partie d’une culture paysanne qui m’accompagne depuis le début de mon expérience professionnelle.

Je la retrouve dans les noms que j’apprends, dans les expressions que je connais, dans les recettes qu’on me partage…

« Chaque mot paysan est une manière de voir le monde. Quand le mot disparaît, le regard disparaît aussi. » 

  • Marcel Lachiver, historien et ruraliste

Une culture où l’autre est à la fois l’étranger et la fleur, le bourdon ou l’invisible. Aucun ne se comprend d’emblée. Tous demandent présence, attention et patience. Là, un paysage devient un mot, une plante un met, une faune un voisinage…

Je crois en une culture néo-paysanne, née du syncrétisme entre savoirs anciens et savoirs contemporains. Longtemps assoupie en chacun de nous, l’urgence climatique semble aujourd’hui la réveiller. Et en cela, mon espoir est né.

La culture paysanne, comme toutes choses de ce monde, est condamnée à évoluer. Les cultures de tomates sont abandonnées dans le Nord de la Sicile pour la mangue et les avocats, les bagghiu des vieilles fermes traditionnelles se transforment en restaurant pour les touristes.

Lieux et semences disparaissent, mais les mots seront toujours là pour nous rappeler nos racines.

J’avais peur que le monde agricole m’éloigne des miens. Mais la culture paysanne est à se réapproprier. Elle se mélangera à mes amis artistes, circassiens, ouvriers et artisans. Il y aura de la place chez moi, ce sera grand.

Cu lassa u vecchiu cu u novu, sa chi lassa ma nun sa chi trova

« Celui qui décide de changer est conscient de ne pas savoir ce que le changement peut apporter »

  • Proverbe sicilien

Bisous,

Néphi

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Commentaires

Une réponse à « 14 – Cultiver nos racines »

  1. Avatar de Stéphanie Berthelot

    Petit test. 10 secondes. Pas plus.

    Ne descends pas tout de suite.

    Pense à UNE personne en qui tu as totalement confiance.

    Un seul nom.

    Tu l’as ?

    Voici ce qui est surprenant : la plupart des gens ne pensent pas à la personne la plus brillante, la plus drôle ou la plus puissante — mais à celle qui a été là dans un petit moment précis.

    Pas un grand discours.
    Pas un cadeau.
    Pas un geste spectaculaire.

    Juste une présence simple. Fiable. Répétée.

    On se souvient rarement des grandes promesses.
    On se souvient presque toujours des petites preuves.

    Si un nom t’est venu immédiatement, envoie-lui ce message avec seulement deux mots :
    “Merci pour toi.”

    Et si ce test t’a fait réfléchir — transfère cet email. Quelqu’un d’autre doit peut-être penser à la même personne. 🙍‍♀️

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